Luc Richer, refus absurde

Publié le par alter-ortograf

Parano de l'historique, Richer veut figer perpétuellement l'ortografe actuelle et refuse, donc, toute réforme, meme la plus timide comme celle de 1990. Il polémique meme contre les trois propositions, pourtant très modestes, de André Chervel :
a) supprimer le "-x" pluriel et le remplacer par un "-s" : les bateaus,
b) supprimer ou simplifier les lettres grecques "y" -> "i"; "th" -> "t"; "ph" -> "f",
c) supprimer les consonnes doubles.
 
Richer sait argumenter, mais défendre becs et ongles l'ortografe actuelle face à ses victimes, les 5 à 6 millions d'illettrés et le nombre grandissant d'élèves et adultes qui parce qu'ils n'arrivent pas à maitriser l'ortografe qui leur permettrait d'écrire sans difficultés les mots de leur langue maternelle, veut dire qu'il lutte pour la mauvaise cause.
L'intéret immédiat de la plupart des Francofones doit primer les lubies d'une caste d'aveuglés qui ne voient dans l'ortografe qu'un musée d'écritures historiques et qui font tout pour que rien ne change dans ce musée.
 
Puisqu'il sait discuter, Richer avance un argument pertinent :  "nous insistons sur le peu d’intérêt qu’elle  présente", la proposition "-s" à la place de "-x. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas espérer "par là remonter le niveau orthographique général".
 
C'est bien vrai. Richer n'a pas l'air de se rendre compte qu'il nomme le meilleur argument pour une réforme profonde.
 
a) Il ne suffit pas de transformer "bateaux" en "bateaus", car les deux lettres, "x" ou "s", sont des lettres muettes qui représentent le vrai décalage entre l'oral et l'écrit et ainsi le piège. Aider les gens voudrait dire : écrire "bato", singulier et pluriel.
 
b) Personnellement je supprime les lettres grecques déjà; pas pour faire croire qu'il s'agirait d'une 'réforme', mais pour démontrer que la modification de la forme écrite d'un mot ne change en rien son sens, donc, ne touche pas à "la langue".
 
c) Mais l'argumentation de Richer ne peut pas toujours éviter l'absurde. En s'opposant à la suppression des  consonnes doubles, il choisit l'exemple du verbe " supprimer " et dit  
Citation :

"Le premier " p " n’est pas ici une fantaisie, mais la dernière lettre du préfixe, " b ", assimilée par le second " p " appartenant à la racine."


Si on supprime le premier "p", on "supprime du sens", selon lui, car on amputerait le préfixe "sub/p-" ("submersion" ). Mais en meme temps il sait qu'il y a dans le français moderne des mots comme par exemple "sujet" où le préfixe est reconnaissable sans un -b" final.  
Donc, logiquement on peut défendre la suppression des consonnenes doubles en soulignant que cela ne poserait pas de problème pour la reconnaissance d'un préfix comme "sub". Si on veut travailler la composition des mots, l'écriture "suprimé" (pour "supprimer" ), tout comme "sujet", ne rend pas l'explication difficile : "su-" est ici la forme du français moderne de "sub-" en latin.
 
Seule une réforme profonde sur les bases 'un son - un signe', 'on n'écrit que ce qu'on prononce' et 'on lit tout ce qui est écrit' peut, de façon efficace et rapide,  "remonter le niveau orthographique général", pour utiliser les propos de Richer là où il a raison. D'où l'intéret colossal de l'ortograf altèrnativ, voir www.ortograf.net .

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

alter-ortograf 04/03/2011 12:11


Merci de votre contribution.
Ce qui m'étonne, pourtant, c'est que ce soit tout ce que vous trouvez à dire par rapport à mon article.

Il est vrai que retirée de tout contexte, le sens de votre phrase "les nones aiment les jeûnes" (je suppose que vous vouliez écrire "nonnes") peut être ambigu: "lé none èm lé jeun" (Ortograf
Altèrnativ [OrAl]).

Mais vous devriez savoir que cette phrase n'est jamais écrite sans contexte et que c'est celui-ci qui définit le sens définitif de la phrase. On n'a nullement besoin de l'accent circonflexe.


jipé 11/03/2010 21:32


donc: on supprime aussi les ^, car ils se servent à rien, non ?

Je prononce cette phrase: les nones aiment les jeûnes. Il me semble qu'à l'écrit le ^ prend tout son sens non ?